De notre chateau de pierres antiques, s'élevant au fin fond des forêts profondes de la vibrante transylvanie, nous nous tenons les mains, partageons le même regard et voyons le monde nouveau tel qu'il est réellement : une terre brulée par des humains au coeur acide. Et nous savons que la raison était avec nous, ce fameux jour d'automne, où, d'un commun accord, nous avons scellé nos destins ensemble et décidé de laisser tout cela derrière nous.

Je me souviens, mes yeux dans les tiens, j'ai indidieusement porté la coupe à tes lèvres afin qu'en premier tu boives le breuvage qui fut notre délivrance. De la voix, perfide, je t'ai encouragé : " Mon amour, tiens, voici la boisson-solution ultime à tous nos maux. Ouvre donc la route vers le monde meilleur, que je puisse t'accompagner sans crainte. Car où que ce soit, si tu t'y trouves, j'y serais bien. " Et sans hésiter une seconde tu t'es exécuté, avalant d'un trait, manquant même, apparement, de ne m'en laisser goutte... Je sais pourtant que ce geste était parfaitement maitrisé, même si tu espérais me faire croire le contraire... Et pourquoi donc te jouer ainsi de moi ?... Puisque sitôt après...

Cependant le vent et les feuilles chantaient autour de nous, marquant ainsi leur approbation de notre acte définitif.

Dans un dernier râle, encore lucide, tu affirmais, d'une voix devenue presque imperceptible mais d'un ton pourtant absolument déterminé : "Je fais le premier pas, ouvre la marche afin que tu puisses passer facilement... Mais, un dernier conseil avant de partir, très chère... Ne t'avise pas de tenter de me doubler, de m'envoyer par le fond pour ensuite rire à mes dépends... S'il t'en prenais l'envie, sache déjà que par delà la mort tu ne pourrais m'échapper... Je n'aurais alors de cesse de te le faire regretter !" Tandis que tes yeux se fermaient j'eu juste le temps de te répondre, provocatrice et un brin inspirée par l'idée : "Ne me tente pas, cela ne m'avait pas effleuré l'esprit. Mais si tu le prends ainsi... Bon voyage... Et au plaisir de te revoir..."

Cependant, je songeais que quelques écorchures pour te rejoindre ne m'effrayaient guère. Et surtout, je n'aurais manqué pour rien au monde la chance de rester auprès de toi durant l'éternité. D'autant que ne regrettais aucunement ce que je laissais derrière. Bien m'en a pris, tous deux seigneurs de la nuit, nos deux tempérements intacts comme au premier jour. Je colle mes lèvres sur ta bouche, t'offre un baiser magistral, approchant mon corps du tien et nous pousse plus loin, tes pas reculants jusqu'à ce qu'une paroi ne nous arrête. Son contact dans ton dos semble te tirer d'un sommeil hypnotique. Tes yeux, ton visage s'illuminent. Un étrange sourire se dessine sur ta face. Dans une danse amoureuse, tu serres mes poignets et échange nos places. Moi aussi, mes dents se découvrent :


- Hé bien, qu'attends-tu ?...


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Commentaires

... je me laisse bercer par tes mots, je me laisse cerner par tes ombres... peut-être est-ce cela le piège...
Commentaire n°1 posté par Jim le 02/07/2008 à 12h51
étrange cette atmosphère... presque angoissant...
Commentaire n°2 posté par Zeus le 22/09/2008 à 11h53
 
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